L’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), pilier du rayonnement culturel de la France, célèbre ses 35 ans cette année dans un contexte de crise profonde. Les décisions prises lors du Conseil d’administration du 18 décembre 2025 marquent un tournant préoccupant : malgré l’opposition unanime des parents d’élèves et des organisations syndicales, l’État a décidé de transférer une part croissante des charges de retraite des personnels détachés vers les établissements. Cette charge passera à 35 % en 2026, puis à 50 % en 2027.
Un impact financier brutal pour les écoles de Rome et Naples
Pour le Lycée Chateaubriand de Rome et l’école Alexandre Dumas de Naples, les conséquences sont massives : un surcoût de 800 000 euros dès 2026, atteignant un million d’euros en 2027. Ce choc financier survient alors que l’établissement romain a déjà épuisé son patrimoine de réserve pour financer la réhabilitation du site de Strohl Fern et le projet immobilier Malpighi. En conséquence, lors du Conseil d’établissement du 21 janvier dernier, une hausse vertigineuse des frais de scolarité a été annoncée : +18 % en 2026, +12 % en 2027 et +6 % en 2028.
Face à cette situation critique, nous portons trois exigences fondamentales :
1. La préservation absolue du Lycée Chateaubriand : Ce fleuron du réseau ne doit pas devenir un sanctuaire réservé à une élite financière. Cette hausse menace directement la mixité sociale et risque d’entraîner le remplacement des professeurs titulaires par des contrats locaux. Les coûts liés à la préservation d’un patrimoine immobilier exceptionnel font exploser le risque financier. Seul un niveau d’inscription maintenu permettra de garder l’établissement à flot ; à l’inverse, une fuite des effectifs entraînerait une nouvelle explosion des frais. La survie de ce fleuron doit impérativement s’inscrire dans le volet éducatif du Traité du Quirinal, garant de la coopération franco-italienne.
2. Une réforme urgente du système de bourses: L’augmentation des tarifs rend le barème actuel totalement obsolète. Il est impératif de revoir en profondeur les critères d’attribution. Aujourd’hui, les familles de la classe moyenne sont les premières victimes : jugées « trop riches » pour obtenir une aide, mais « trop pauvres » pour absorber une hausse de 40 % sur trois ans. Nous demandons une revalorisation des seuils de revenus et une prise en compte réelle du coût de la vie locale pour éviter un décrochage financier de notre communauté.
3. Notre action de Conseillers des Français de l’Étranger:
Notre priorité absolue est la scolarisation des enfants français au Lycée Chateaubriand et à l’École Alexandre Dumas de Naples:
- Action politique : Nous avons interpellé Monsieur Yan Chantrel, Sénateur des Français de l’étranger, qui a officiellement saisi la Directrice de l’AEFE à ce sujet et sera rapporteur d’une mission d’information sur l’enseignement français à l’étranger.
- Rencontre avec la Directrice de l’AEFE le 27 janvier dernier afin de lui faire part des préoccupations des familles et de la nécessité d’une solution rapide.
- Vigilance accrue : Nous veillerons tout particulièrement, lors du prochain Conseil consulaire des bourses scolaires le 17 avril, à ce que les familles soient protégées.
- Soutien actif aux associations de parents de l’APE et du GIPE, afin de relayer leur parole auprès des instances décisionnelles, et de la presse, ainsi que la pétition sur le site l’APE que nous vous invitons à signer ici.
L’égalité d’accès est une mission de service public. Notre combat est de transformer les bourses en un véritable filet de sécurité pour les classes moyennes. C’est l’esprit même de notre engagement : défendre le service public et la mixité sociale.